Fossilarium

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Calendrier des événements

FAQ (Foire Aux Questions)

 

 

1- Est-on ouvert avant le 24 juin et après la fête du Travail ?

 

Oui, nous sommes ouverts toute l'année sur réservation, mais plus spécifiquement en mai, juin et septembre pour les groupes scolaires. À ces périodes, il est possible d'avoir accès aux expositions.

 

2- Qu'est-ce que le Géoparc de l'UNESCO au Témiscamingue

 

Le Témiscamingue québécois et le Témiscaming ontarien se sont concerté pour implanter un Géoparc de l'UNESCO

le long du rift du Témiscamingue. Le Fossilarium y tiendra un grand rôle puisqu'il est le musée qui interprète la faune fossile et le rift de la région. 

 

 

 L'aspirant Géoparc « la Vallée du Rift du Témiscamingue»

Par Isabelle Semegen, enseignante et membre du conseil d'administration du Fossilarium et Andrée Nault, géologue et directrice du Fossilarium de Notre-Dame-du-Nord

 

L'UNESCO définit un géoparc comme : « Une zone nationale protégée comprenant un certain nombre de sites du patrimoine géologique (géosites) d'une importance particulière, de par leur rareté ou leur aspect esthétique, mais intégrant aussi des notions d'écologique, d'archéologique, d'histoire ou de culture.
Ces sites du patrimoine de la Terre font partie d'un concept intégré de protection, d'éducation et de développement durable. » Alors que la plupart des géosites seront protégés par différentes lois municipales, provinciales, nationales ou internationales, le reste du territoire n'a aucune contrainte reliée au géoparc.
Il n'y a pas d'expropriation dans un géoparc, au contraire le comité international intègre population villes et villages dans le parc et souhaite voir le développement du territoire, son histoire et sa culture mis en valeur dans le projet comme étant une conséquence du context géologique.

 

Les limites du futur géoparc

Le futur géoparc est délimité par les failles géologiques du Rift du Témiscamingue, toutes parallèles sur 50km de large d'ouest en est de Gowganda jusqu'a Angliers, et du nord au sud Kirkland Laque à Témiscaming au sud-est pour un total de près de 25 000 km2.

Le Rift, en faisant descendre les couches de roches, a conservé les sédiments fossilifères et créé les profondeurs du lac Témiscamingue, il a également mit à jour les gisements d'argent et de Cobalt et il a initié une zone sismique encore très active. C'est la seule dans l'est du Canada qui a vu un escarpement s'élever de 10 à 20 m sur une longueur de 20 km depuis la dernière glaciation.

Les principaux attraits du côté québécois

• le Fossilarium avec sa collection locale d'environ 1000 fossiles et sa collection mondiale de 3000 spécimens, mettant en valeur sa mission éducative et touristique,

les coussins volcaniques de 2,6 milliards d'années vestiges du premier noyau (craton) de l'Amérique du Nord ainsi que des traces de glaciations (marmites de géants, marmites tubulaires, cannelures glacières, bloc erratique, etc.) à Récré-Eau-des-Quinze,

les pipes à diamants, appelées kimberlites, dont celles sur le territoire de la Timiskaming First Nation,

le rift comme l'autoroute de l'Outaouais creusé par les failles  représenté par le poste de traite «Lieu historique national du Fort Témiscamingue situé sur la pointe de la moraine de Laverlochère,

• les grès et les congloméra de l'Huronien provenant de sable d'anciens déserts et d'une glaciation antédiluvienne (unique au Québec pour les grès) qui forment les montagnes entourant Guigues et Ville-Marie. 

la moraine Harricana, la plus longue en Amérique du Nord se terminant à la pointe d'Opémican où elle prend le nom de moraine de Mac Connel, qui a joué le rôle de barrage pour retenir les eaux du lac glacière Barlow avant de devenir le site d'une station pour le flottage du bois. Le parc Opémican présente plusieurs phénomènes géologiques dont des traces de glaciation : champ de blocs, kettles, esker, crag-and-tail, crête morainique, varves, etc.,

la zone sismique du tremblement de terre de 1935 de 6,2 à l'échelle de Richter situé sous le lac Kipawa qui fait partie d'une faille du rift, • le Front de Greneville, la faille marquant la rencontre de deux anciens continents à Laniel,

les sites paysagés exceptionnels reliés à la géologie,

• plus de 40 sites répertoriés jusqu'à maintenant.

La géologie au coeur du peuplement de la région témiscamienne.

Le volcanisme sous-marin Il y a 2,6 milliards d'années, les nombreux volcans sous-marins présents dans la région ont causé de multiples épanchements de lave sous la mer créant ainsi, au contact de l'eau, des empilements de couches jusqu'à former une grande île créant ainsi le premier noyau de l'Amérique du Nord. Ensuite des granites se sont installés entre les couches, des sédiments se sont formés puis des plissements ont renversé ces strates de sorte que nous marchons souvent sur leur côté, entre autres, lors de randonnées dans les sentiers de Récré-Eau-des-Quinze au Québec.

Il y a 2,22 milliards d'années, des dépôts de gravier puis de sable de l'Huronien se déposent sur le socle primaire et se transforment respectivement en grès et en conglomérat. L'ouest de la région est l'unique endroit au Québec où on retrouve cette formation.

Il y a 2,219 milliards d'années, du magma en fusion s'introduit dans les roches, mais refroidit avant d'atteindre la surface créant la diabase de Nipissing. C'est ensuite dans les conduits de la diabase que de la vapeur chargée de minéraux amène de l'argent et du cobalt

il y a 2,214 milliards d'années. Le minerai d'argent a été découvert, par les premières nations qui occupent le territoire depuis au moins 8000 ans. Des découvertes archéologiques portent à croire que l'argent du gisement du Témiscamingue servait au troc depuis environ 5000 ans. Le Chevalier de Troyes, grand explorateur français, va le redécouvrir à Saint-Bruno-de-Guigues, lors d'une expédition en 1686. Par contre, il faut attendre 1903 pour qu'un gisement soit exploité à grande échelle à Cobalt en Ontario. En trois ans, une ville se construit autour de la mine pour accueillir la main-d'oeuvre. Des innovations technologiques y sont mises au point avant de devenir des pratiques standardisées utilisées dans toute l'industrie minière. La ville de Cobalt est surnommée le berceau de l'industrie minière au Canada. Les touristes qui veulent en savoir davantage sur ce pan de l'histoire peuvent visiter le Cobalt Minning Museum qui offre une visite guidée de l'ancienne mine souterraine en plus détenir la plus grande exposition d'argent au monde. Le Heritage Silver Trail de Cobalt est, quant à lui, un parcours autoguidé en voiture avec panneaux d'informations. Le Cobalt Mining District est désigné lieu historique national du Canada.

Une collision de continents Il a environ 1,1 milliard d'années, deux microcontinents entrent en collision donnant deux provinces géologiques distinctes : le Supérieur au nord et le Greneville au sud. Nous pouvons voir leur suture très accidentée à quelques kilomètres au nord de Laniel.

Rift sans point chaud, des failles parallèles Il y a 540 millions d'années, la dislocation du supercontinent Rodinia crée des couloirs de fractures dont le principal creuse le fleuve Saint-Laurent pour bifurquer jusqu'au lac Témiscamingue. Ces couloirs sont délimités par des failles parallèles qui forment un ensemble de rifts qui s'allongent jusqu'au rift du Témiscamingue dans lequel alternent des dépressions et des soulèvements.

Des mers tropicales Il y a 460 millions d'années, puis il y a 420 millions d'années, deux mers peu profondes recouvrent l'est de l'Amérique du Nord, y compris le Témiscamingue situé alors à l'équateur. Elles sont peuplées d'une faune d'invertébrés marins de type tropical, dont des coraux, des pieuvres à coquille et un étrange cousin, le crinoïde. Une fois les mers disparues l'empilement de plusieurs couches de coquille et de boue calcaire se transforme graduellement en roche sédimentaire.

Un deuxième rift Il y a 155 à 134 millions d'années, un point chaud sous la croûte terrestre, réactive les couloirs de rifts. Une série de failles en escalier fait descendre les couches de roches créant ainsi le lac Témiscamingue dans sa partie la plus creuse avec un dénivelé de 225 à 300 mètres le long de la faille West Shore. L'effondrement des roches de chaque côté du lac et au centre protège les couches calcaires friables de l'érosion et ainsi conserve les traces des anciennes mers et de ses habitants.

Le Fossilarium de Notre-Dame-du-Nord veille à la conservation et à la mise en valeur de ce patrimoine fossilifère et offre même des excursions safaris-fossiles pour les touristes qui veulent devenir paléontologues amateurs le temps de quelques heures. Les failles du rift du Témiscamingue sont les seules qui bougent encore dans l'est de l'Amérique du Nord, faisant de notre région la plus importante zone à risque de cette partie de continent, pour les tremblements de terre comme celui dont de 1935 à Kipawa classé à 6,2 sur l'échelle de Richter. C'est également pendant cette période que des montées explosives de magma apportent des diamants depuis les profondeurs. Il y a une vingtaine de ces pipes à diamants, kimberlites, dans la région. Il est possible d'observer des kimberlites au nord de Notre-Dame-du-Nord sur le territoire de la Timiskaming First Nation.

Les couloirs de rifts : des autoroutes pour trois peuples

Les failles à l'origine du fleuve Saint-Laurent obliquent vers le nord-ouest et tracent le parcours de la rivière des Outaouais puis remonte le long du lac Témiscamingue jusque loin vers le nord. Ainsi se créée une voie navigable unique menant au coeur du continent utilisée d'abord par les premières nations, puis par les explorateurs français, les coureurs des bois, les bucherons, les draveurs et les premiers colons. L'énorme bassin du lac Témiscamingue crée un microclimat en augmentant la zone rusticité à 3a contrairement au reste de la région qui est classée 2a, permettant ainsi une plus grande diversification des cultures et une biodiversité unique dans la région.

Des sentiers pavés pour les piétons et les cyclistes sont aménagés à Ville-Marie, Temiskaming Shore et à Haileybury afin d'observer le lac dans toute sa splendeur. L'héritage des glaciers Il y a entre 100 000 et 12 000 ans, un glacier a recouvert la région rabotant la roche en place et déplaçant de grandes quantités de débris rocheux en avant et sur ses côtés. Lors de sa fonte, il a laissé dans le paysage de longs cordons de ces débris de sable et de gravier, que nous appelons moraines. Ces dernières tiennent un rôle important au Témiscamingue puisqu'elles filtrent l'eau, lui donnant une grande pureté égale à celle produite par les eskers en Abitibi. La moraine de Laverlochère, bien visible de la route 101 et dans les Sentiers de l'Entrevent, s'avance dans le lac et constitue un endroit sec et stratégique pour établir un poste de traite (Lieu historique national du Fort Témiscamingue, Mission Ste-Claude).

La moraine Harricana, qui est la plus longue en Amérique du Nord, passe dans l'Est témiscamien et se termine à la pointe d'Opémican où elle a joué le rôle de barrage pour retenir les eaux du lac glacière Barlow. Elle est ensuite devenue un endroit de prédilection pour l'établissement d'une station pour le flottage du bois (Parc national d'Opémican).

Le lac glacière Barlow de 10 000 à 8000 ans a laissé quant à lui une épaisse couche d'argile et de terre fertile dans la vallée du rift du coté ontarien et dans la partie nord-ouest du Témiscamingue québécois. Cette qualité des sols doublée du micro climat donne une économie qui repose majoritairement sur l'agriculture et la forêt: érablière à bouleau jaune dans le sud avec pinède à pin blanc et rouge, sapinière à bouleau blanc dans le nord. Les sentiers Récré-Eau-des-Quinze et le parc Opémican sont d'excellents endroits pour observer d'autres traces des glaciations, dont les marmites de géants. Une histoire et trois cultures à découvrir et à partager Le géoparc mettra en valeur une quarantaine de géosites permettant ainsi à tous de découvrir la richesse de la géologie, mais également de la culture métissée de la région (anishnabe, franco-québécoise, franco-ontarienne, anglo-ontarienne).

Aux sites nommés précédemment s'ajoutent d'autres attraits ayant également une valeur géologique et culturelle incontestable dont une douzaine de parcs provinciaux du côté ontarien, la pointe Dawnson, le Devils Rock et, bien entendu, le jardin géologique extérieur Rockwalk Parc situé derrière le Haileybury School of Mines et des parcs municipaux et des sentiers du côté québécois.

  Les retombées d'un géoparc et de géosites reconnus

• protection, promotion et vulgarisation de sites clés dans la compréhension de l'histoire géologique, géomorphologique et culturelle du territoire, • protection et mise en valeur des paysages, • développement de l'activité humaine en harmonie avec l'environnement géomorphique et géologique, • mise en valeur de plusieurs sites touristiques culturels et de plein air • opportunités supplémentaires pour la vente des produits, des oeuvres et des aliments régionaux • retombées économiques reliées au géotourisme. L'échéancier pour la demande d'accréditation, si tout se déroule comme prévu, est le suivant : • Acceptation par la Fédération canadienne des sciences de la Terre de la candidature de la vallée du rift témiscamien à titre d'aspirant géoparc (réalisée en mai 2016) • Première réunion d'un comité québécois, d'un comité ontarien et d'un comité coordonnateur interprovincial (juin 2016) • Envoi de la lettre d'intention adressée à la Fédération canadienne des sciences de la Terre (août 2016) • Création puis inauguration d'une géoroute interprovinciale (mai 2017) • Visite du site par au moins 2 membres du Comité national canadien pour les géoparcs (été 2017) • Dépôt de la demande officielle (août 2018) • Mission de terrain pour l'évaluation du site par le Réseau mondial des Géoparcs (été 2019) • Annonce officielle et célébrations à la Conférence internationale sur les géoparcs de l'UNESCO (automne 2020) • Ouverture officielle du géoparc (été 2021) Pour plus d'informations ou pour vous impliquer dans le projet : contactez le Fossilarium de Notre-Dame-du-Nord au 819 723-2500 ou par courriel : musee@fossiles.qc.ca . Vous pouvez également visiter le site Internet du musée : www.fossiles.ca.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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